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Et sans que l’on s’y attende vraiment, un matin, la mort frappe.
Dans une journée chaude d’automne, au ciel bleu faisant rayonner les couleurs des feuilles, le vent comme une dernière caresse, la mort nous visite. Après 15 ans d’amour, de liens, de vie ensemble, ce petit être vivant à 4 pattes est parti. Nous nous trouvons chanceu·ses·x d’avoir été réuni·es tou·tes ensemble autour d’elle pour l’accompagner dans ce passage des Mondes. Un matin, alors que nous nous levions pour aller au dentiste d’un rendez-vous qui a attendu des mois, que l’argent devait financer des caries à soigner, la mort frappe, et déplace toute l’énergie avec Elle pour se concentrer dans cet instant suspendu qui restera dans nos cœurs. Où nos caries deviennent dérisoires même si nous avons râlé du temps d’attente, où l’argent vient finalement financer une euthanasie plutôt qu’une carie. J’ai les souvenirs de ce petit chaton dans ma capuche qui se promenait partout avec moi, handicapée de sa patte. J’ai cru la sauver jusqu’à ce que la vie me fasse comprendre que c’est elle qui m’avait sauvée. Son ronronnement et son miaulement ont su me réconforter dans le non-sens pour retoucher à l’innocence des traversées plus sombre de mon existence. Ce chat a vu chacun de mes enfants naître et apparaître dans son environnement, leur faisant une place dans son territoire comme dans son cœur, se faisant tirer le poil et la queue par de petites mains, dormir avec chacun·e d’eux·elles et les veiller dans leur sommeil, leur maladie, leurs émotions, leur vivant. J’ai voyagé les territoires, traversé les océans, habité des lieux multiples avec Elle. J’ai rêvé avec Elle. Elle est assez importante pour être un symbole de mon Monde Onirique. Jusqu’à rêver de ce qui se sait déjà avant même que la mort nous visite vraiment. Avant même que toutes les visions puissent devenir si claires de compréhension, mais qu’une partie de moi sachante y soit déjà préparée. Aujourd’hui, cinq individus d’une famille traversent ensemble la mort, mais la portent en eux d’une manière différente. Un petit garçon a son corps qui bouge et va devoir nommer ce que son corps bouge de la manière qui sera parlante pour lui. Une ado a le cœur en peine et ses larmes traversent les sphères pour se faire entendre. Un petit dernier de bientôt 5 ans se nomme dans une simplicité presque déconcertante : — Tu sais, moi je l’aimais beaucoup, j’aurais aimé que la fin se passe autrement et qu’elle rentre avec nous. Je la trouvais cool. Pour ensuite nous dire : — Moi, j’aime pas la maison avec vous. Je veux dire vous, juste des humains. J’aime bien quand on a un animal avec nous. Et alors, j’ai pensé lui montrer les oiseaux dans notre jardin, les araignées dans notre maison, les arbres et les plantes bien vivants de leur végétal. Même la mouche dans la cuisine, dont j’apprécie le sens de sa présence aujourd’hui, pour lui insuffler que nous ne sommes jamais que des humains et que nous sommes bien entouré·es de multiples existences même si Elle est partie. Aujourd’hui, j’ai tenu l’espace de la Mort et j’ai eu la sensation de toucher la maturité qui habite mon expérience avec elle. Est-ce cela, la sagesse ? Aujourd’hui, mon corps intègre l’information de l’inexistence, de ces miaulements, d’une porte à ouvrir, d’une conversation, d’une présence, d’une caresse pour reprendre contact avec ce qui existe nouvellement. L’espace me semble encore vide, je le remplis de musique et je pleure. Je pleure la vision du rêve qui me montre comme sa meilleure amie venue tenir l’espace de sa traversée, je pleure son regard et ses pattes qui m’ont demandé mes bras comme un bébé demande sa mère, je pleure le manque et la tristesse qui vivent. Je pleure ce qui s’enterre avec Elle, de ce cycle de 15 ans, en cet automne et cette Super Pleine Lune, parce qu’il fallait au moins t’honorer de toute cette lumière pour te veiller comme tu as su le faire pour nous de toute la tienne. Aujourd’hui, la mort est entrée dans notre maisonnée pour repartir par la porte d'en arrière. Et nous avons touché la grâce de t’accompagner. Maintenant, nous devons pleurer les larmes de nos cœurs voguant aux souvenirs qui deviendront la nostalgie d’une vie croisée dans nos vies, le temps d’un temps assez grand pour que nos cœurs aient l’Amour grand. On t’aime pour toujours notre belle Matriarche. Pleine Lune 10.2025, quelque part entre Terre et Ère.
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AuteurAccompagnante aux passages de vie passionnée, vous pouvez aussi me suivre sur les réseaux sociaux @Tiffa La Doula. Archives
Septembre 2025
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