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Et le rêve s'est réalisé

9/24/2025

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C’est la rentrée.

Et nous, nous sommes rentrés de Madagascar.

Ça fait quelques semaines mais je n’ai pas encore réouvert mon carnet de voyage où sèchent encore des fleurs de mon pays et de mon arrière-grand-mère. Où sont écrits des émois, des atterrissages et des envolées. Je ne suis pas encore prête à l’ouvrir. J’ai encore besoin de laisser couler en moi tout le vécu qui s’intègre, une parcelle de vie à la fois, dans le quotidien de la rentrée qui revient.

Il faut dire que le retour n’a pas été que douceur même si cela a été plein de sens. Entre une infection parasitaire et une perte totale de voiture, le mois d’été ici est passé vite mais a été chouette tout de même. Nous avons été entourés et cela nous a permis de nous ressentir connectés immédiatement, dans le réseau de l’immigration créé dans la région avec les années. Entourés et épaulés. Quitter une terre d’origine sur laquelle je me suis sentie chez moi sans pouvoir y mettre des mots qui expliqueraient véritablement, pour revenir sur une terre d’adoption, aurait pu être autrement éprouvant mais la matérialité nous a tout de suite ramenés dans le concret.

Et puis les nouveaux rêves se sèment et j’ai eu la chance de croiser certain.e.s d’entre vous qui m’ont conté le déploiement de leurs rêves partagés.
J’ai pu être témoin des mouvements de vos rêves.
J’ai pu être témoin de la magie d’un rêve entendu et porté.

Et je voulais prendre le temps, sans pouvoir mettre tous les mots encore sur ce voyage, de vous remercier. J’ai pleuré 48 h. Lorsque l’avion s’est posé d’abord. Lorsque j’ai vu ma cousine venue nous chercher à l’aéroport. Puis chaque fois qu’on me demandait comment c’était. Pleurer de gratitude, du sel de mère de mes origines honorées, les larmes roulant de mes yeux à mon cœur.

J’ai aimé sentir chaque larme, chaque émotion, chaque questionnement, chaque nuance. Rencontrer ma famille et passer du temps ensemble. Rencontrer des inconnus ici et là et s’être reconnus tout au long des 4000 km parcourus. Rencontrer les terres, les sables, les arbres, les fleurs, les animaux et j’en passe. Rencontrer tout le vivant qui habite mon sang et pouvoir le ressentir en allant à sa rencontre. C’est une reconnaissance précieuse. Simplement aller à la librairie, voguer les autrices malagasy que je ne trouve pas ici. Goûter le lait de zébu que je ne trouve pas ici. La musique que j’écoute et qui, là-bas, est écoutée de tou.te.s.

Il faut ensuite laisser le manque et le plein vivre en soi lors du départ. Il faut aussi prendre le temps de savourer tout l’amour déployé et la multiplicité installée.
Rire des aventures qui deviennent souvenirs et anecdotes comme la fois où, en pleine nuit, le taxi-brousse a oublié de nous déposer et que nous avons dû faire 10 h de route pour revenir à notre point. Prendre le temps de revenir d’un moment de flottement dans lequel nous sommes ensemble hors du temps du quotidien, à se regarder dans les yeux et se donner les mains, les mains collées les unes aux autres pendant les longues heures de taxi-brousse. S’adapter de nouveau au territoire où l’on revient transformé mais où la transformation est toujours en cours. L’identité révélée du vécu et le récit de vie réécrit. Avoir retrouvé les siens et l’évidence d’une terre sous ses pieds attendue depuis si longtemps. La douceur de l’évidence d’un chez-soi dans tout ce qu’il comporte de perspectives et de strates.
Avoir partagé avec ma famille les souvenirs de leurs propres vies sur le territoire, partager des vécus communs ou différents, entendre des histoires jamais entendues ou réentendues autrement, mettre des images, des mots, des lieux sur des récits d’enfance devenus réels et nouveaux, parler avec ma grand-mère et ma mère à chaque étape. Pleurer d’amour de se quitter après s’être vu.e.s. C’est une alchimie si profonde et la profondeur me nourrit de beauté et me fait vivre l’expérience de la Terre avec tant de reconnaissance et de sagesse.

Alors je vous dis merci, merci d’avoir participé.
D’avoir confié vos rêves. Et je voulais vous revenir à propos d’eux.

J’ai pu remettre des récits de rêves à celles qui me l’avaient demandé. Cela m’a beaucoup émue d’être traversée, d’écrire et de remettre un récit.

J’ai pu emporter vos rêves à celles et ceux qui me les avaient confiés. Je les ai emmenés dans une jolie pochette brillante comme si j’amenais des bijoux précieux. J’ai randonné les forêts, les sables, l’océan, les rivières et les villes avec et je suis allée sur la colline sacrée d’Ambohimanga pour les ritualiser, les honorer avant de vous les ramener sur le territoire pour qu’ils complètent leurs voyages.

Il me ferait vraiment plaisir de vous entendre sur vos rêves partagés, ce qu’il en a été de votre côté.

Mes remerciements ne sont que des mots ici mais sachez qu’ils ont été vécus, ressentis, pleurés, gratifiés, et qu’au-delà des mots circulent probablement ce qu’on appelle l’Amour et j’ose imaginer qu’il puisse profiter au Monde Entier.

À mes ami.e.s et ma famille d’ici et de là-bas car nous avons aussi été accueillis précieusement à Madagascar et au Québec.

La multiplicité est un cadeau de vie magnifique et je suis heureuse que mes enfants aient pu goûter la leur autrement encore avec ce voyage.

À mon retour, j’ai aussi participé à un projet d’exposition d’objets des habitants des Basques dans laquelle j’ai partagé la statue que ma grand-mère m’a offerte, dans laquelle continuent d’être honorés les pas, les chemins et la diversité soulignée de sa précieuse richesse.

Il est temps maintenant de mon entrée à l’Université et d’accompagner de nouveaux bébés qui viennent rejoindre l’Humanité et le Vivant d’ici.
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Ac-cueillir des rêves

5/12/2025

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C’est un début d’après-midi grisonnant et assez froid, au point de frissonner sans mon coupe-vent, lorsque j’arrive à Rimouski ce samedi de printemps. Pourtant, il me suffit d’approcher de cette petite boutique nichée en plein cœur du centre-ville pour sentir à quel point elle est chaleureuse. Cette boutique est celle de mon amie Charline, qui a mis au monde le rêve de La Bohème - beauté pour l'âme il y a maintenant 2 ans. Une boutique pleine de charme, d’élégance, et comme son slogan le souligne, de beauté. Je suis d’ailleurs chaque fois touchée, en étant dans sa boutique, d’entendre autant de fois des personnes dire à quel point c’est beau lorsqu’iels rentrent, même lorsque ce n’est pas leur première fois.

Ce qui me touche, c’est qu’elle ait rêvé un jour cette proposition d’offrir de la beauté pour l’âme, de lui avoir concrètement donné naissance, et que ce soit vraiment ce que Charline offre à l’humanité, cette beauté à laquelle elle offre un accès généreux, au point que chacun.e puisse la nommer à haute voix du cœur en émoi.

Et c’est dans cet endroit que j’ai eu la chance de poser ma petite Valise à Rêves cette dernière fin de semaine. Alors que Charline me fait une place sur son comptoir pour déposer ma valise à la vue de celles et ceux qui franchiront les portes de la boutique, je dispose mes affaires. Charline ouvre la porte à 12h, heure d’ouverture. Je suis fébrile et joyeuse, vulnérable et choyée.
Je vais devoir conter ce projet, je vais devoir le nommer à répétition à du monde qui ne l’attend pas nécessairement.

Je suis sécure de ce lieu et de cette amie qui a dit OUI à cette proposition. Et Charline prend le temps de m’introduire chaque fois et souligne ma venue afin que je puisse prendre la parole auprès de sa clientèle.
Sur la route, alors que je m’en venais, encore adoucie de la vue du Parc du Bic, je me souvenais de cet accompagnant qui me disait : “Ce n’est pas obligé d’être violent, mettre au monde un projet, ça peut attendre que tu n’aies plus la chienne, ça peut se faire dans la douceur.”
Et sa phrase a repris tout un autre sens, bien plus profond, en ressentant mon corps. Mettre au monde ce projet était doux dans mon corps, mon ventre était apaisé et apaisant.
Pas forcément parce qu’il était tout au point, parfait, sans évolution possible. Bien au contraire, il avait encore tout à évoluer, et c’était exactement toute la beauté, comme celle de mettre au monde un enfant. La naissance ne serait qu’une porte d’entrée pour un chemin à marcher qui pouvait prendre tant d’issues.
Mais c’était doux en moi, de sens, d’évidence, de sa naissance, de sa façon d’avoir été porté et préparé. Ce n’était pas violent, je n’avais pas la chienne, sans pour autant n’avoir aucune vulnérabilité.
J’aimais être vulnérable dans cette sécurité, d’une sincérité de ce que je présentais, parce que cela venait d’un endroit que les mots ne content pas. Parce que cela n’était pas juste pour faire, promouvoir, performer. C’était moi, dans ma profondeur, de ce qui me touche face au monde. C’est vulnérable et pourtant c’est évident.


Et puis, l’accompagnement à la naissance comme à la mort m’avait permis de naviguer différents espaces et de grands apprentissages nourrissant en mon être tout ce qui en serait habité maintenant.

Ainsi, les premières personnes sont arrivées dans la boutique. Le discours s’affine, se prononce de mieux en mieux grâce à chaque rencontre, chaque réaction... Même lorsqu’une personne reste de marbre, ne réagit pas, je suis touchée, car cela me permet de voir comment les naissances et les morts m’ont enseignée. De ma personne et des autres. Ces personnes me font penser aux médecins lorsque je suis à une naissance qui ne me calcule pas, pas un bonjour, pas un regard. J’ai tellement appris de ces personnes, de ces réactions, à naviguer les traversées avec ces circonstances, que là, debout avec mon projet loufoque, cela ne me déstabilise pas. J’aurais sûrement tremblé il y a quelques années. Cela me nourrit encore de ces naissances pleines de sens, de tout ce qu’elles sont, où il n’y a rien à convaincre ou à être convaincu. Je n’attends rien de précis, je propose simplement. Le tissage du rêve, lui, fait son œuvre même dans ces silences. Il n’a pas toujours besoin que l’on lui dise. Il agit. J’ai appris à m’abandonner à la confiance de ces espaces de la naissance. Et parfois, quand je doute, j’ai appris à m’entourer de personnes qui croient, iels aussi, pour leur demander de me rappeler et de revenir au centre.
Cette fois, ce fut en étant aux côtés de Charline et visitée par mes ami.e.s que j’ai eu ce support.
C’est par la visite de mon amie Betti, qui m’a demandé d’installer une valise à son bureau, en plus de venir me voir et de déposer un rêve dans la valise.
C’est par la visite de mon ami Cyan, qui a passé un moment avec nous et qui nous a pris en photo et a promu l’événement autour d’ael.


Et puis, il y a ces rencontres, de sourires, d’écoute, d’humanité, de lumière, de tendresse. Des rencontres qui marquent mon cœur de ce qu’elles permettent de clarté. La valise se remplit de rêves. Le rêve, c’est intime, je le considère. Comme une naissance. Il y a des personnes qui n’ont plus de rêves, ne les savent pas ou les gardent enfouis. Jusqu’à cette femme, qui doit réfléchir, car elle est justement dans ce passage de vie où elle aimerait “trouver son rêve”. C’est Charline qui lui dit : “Alors c’est peut-être cela, ton rêve, de trouver ton rêve.”

C’est ainsi qu’elle le dépose dans la valise parmi les autres rêves qui y sont déjà. Il y a des rêves pour des mères, des rêves pour des ami.e.s, des rêves pour notre monde, des rêves pour nos nuits et pour nos vies. Il y a aussi des personnes qui ont souhaité contribuer à mon rêve en disant que ce sera le leur que le mien se réalise, car ce sera pour tout le monde que cela sera bénéfique. Il y a beaucoup d’Amour chaque fois qui circule. Car même dans l’abstinence, le rêve, par la proposition, fait acte de présence.


Et peut-être que, d’une mise en vue du rêve par cette proposition, ces personnes qui ne savent pas leurs rêves seront plus en contact avec ces rêves. Ou pas. Ce qui devra fera son œuvre.

Ainsi, dans de belles conversations de rêves, de projets, de vie, Charline et moi avons quitté la boutique à sa fermeture. Le cœur en grâce. Le rêve de me déposer un jour avec cette valise, dans la rue ou dans un lieu où des passants pourraient, de leur plein gré, déposer un rêve et pouvoir remplir un fil suspendu de rêves pour notre monde.

Je suis rentrée chez moi, 4 humain.e.s accourant pour savoir : “Alors, Maman, as-tu amassé des rêves ?”
D’une proposition sortie de mon ventre, c’est toute une famille qui se réunit.
Et puis, ce dimanche, parmi les multiples intentions me soulignant comme Mère, j’ai reçu moi aussi un rêve. Le plus beau de tous.
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Il me reste quelques rencontres de rêves et d’accompagnement à la naissance cette semaine, parmi les valises à boucler et les logistiques d’avant voyage. Et un cercle Rêves et chevaux avec Laetitia de Chemins de traverse. Il reste 3 places seulement ce vendredi.
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Et ainsi, remplie de ces rêves, je troque ma valise à rêves, le temps d’un temps, contre une plus grosse valise de vêtements et probablement de plein d’autres choses de ce voyage en terre d’origine et de mon propre rêve.

J’ai le ventre qui spin à 100 à l’heure, mais l’esprit encore assez clair pour rêver la nuit et avoir la disponibilité de me souvenir. Je vous laisse sur ce rêve, que je vous partage, parce que vous êtes plusieurs à y avoir contribué :
“Cette nuit, j’ai rêvé que l’on se garait avec notre voiture. Nous sommes tous ensemble, en famille. Tout est différent et pourtant tout me semble connu. Il n’y a pas beaucoup de places entre les voitures pour ouvrir la porte. Mais assez pour que, lorsque je vois soudainement ma cousine passer, je puisse l’entrouvrir pour l’interpeller. Il y a d’un coup beaucoup de places, car je suis sortie facilement la retrouver, comme si le parking s’était vidé et qu’il n’existait que nos retrouvailles. Nous nous serrons dans les bras. Toute la vue autour se dégage et je peux voir où je suis. Je comprends que je suis là, à Madagascar. Je vois les collines, le Rova, je vois clair et en hauteur. Et alors je pleure. Je pleure des larmes maintenues. Non pas des larmes de souffrance ou de peine, des larmes de joie, des larmes d’amour, des larmes de soulagement d’être ici, des larmes de retrouvailles.”
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Écouter les rêves et les laisser œuvrer

5/5/2025

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C’est ainsi que je suis arrivée avec ma petite valise à rêves en cette journée du marché des initiatives féministes nous rassemblant le 9 mars plutôt que le 8. La météo de la Terre en avait décidé ainsi, une tempête de neige laissant chaque humain·e face à l'humilité de la nature.

J'étais attendue, m'a-t-on dit, lorsque je suis arrivée. Effectivement, une houle de bras levés, de câlins et de "Tiffaaa" m'ont mis le cœur en baume. Quelle n’est pas la douceur de se sentir accueillie par des ami.e.s avec tant d'amour pour l'immigrante que je suis, sur un territoire encore en apprivoisement. Cela souligne une empreinte de liens tissés, un tissage qui prend souvent du temps à se faire dans la profondeur réelle.

Et comme si venir ici, au Québec, n'avait pas été suffisant, il a fallu en plus que nous changions de région et recommencions à nouveau le cycle, nos meilleur·e·s ami·e·s tou·te·s parti·e·s aux quatre coins du monde, une pandémie par-dessus cela... et pourtant, cette journée-là, j'étais attendue. Quelle chance douce et parlante, reflet du parcours et de l'amour.

On me proposait une table plus grande et plus en avant, car ma place initiale avait été prise, mais je suis restée ici, sur cet emplacement bien plus petit, partagé, mais avec tout le monde. Je me foutais d'être en avant, d'être sur plus grand. La grandeur était dans cet emplacement auprès de personnes qui rendraient cette journée joyeuse. N'est-ce pas le plus tendre des marketing d'être portée d'une telle énergie pour présenter ses services que d'être au-devant, seule.

Je me suis sentie bien en joie alors dès mon arrivée après ces deux jours de tempête. Disposée à écouter des rêves en sortant ma petite valise à rêves, ma fille auprès de moi, me suivant avec enthousiasme et portant elle aussi le stand et les rêves.

C'est ainsi que j'ai osé m'afficher avec mon petit projet poétique à mon cœur. Ma grande préparait une petite affichette, des stylos, des papiers. Je me retrouvais dès lors à expliquer aux personnes qui le souhaitaient, tout comme mon enfant, ce qu'était la valise à rêves.
Une valise dans laquelle on pouvait déposer un rêve, de jour, de nuit, une vision, une image afin que celui-ci soit entendu, enveloppé et déployé, ritualisé afin qu'il continue d'œuvrer comme il sait si bien le faire.

J'ai recueilli des dizaines de rêves. Des projets, des envies, des visions, des cauchemars, des rêves de nuit récurrents, des rêves rêvés sur chaque papier et beaucoup de rêves de collectivité me donnant foi en l'humanité.

J'ai lu chacun d'eux, en rentrant chez moi, assise dans un espace-temps où j'avais le temps de les lire avec mon cœur. Puis je les ai laissés œuvrer une fois entendus. Il y a, à ce qu'il paraît, des passeuses d'âmes ; qui sait s'il n'y a pas des passeuses de rêves. Je les ai portés plusieurs jours comme un carême de rêve. Faisant confiance à la médecine du rêve et à son aptitude à se déployer.

Puis s'est présenté le moment où était soulignée la renaissance et le retour du printemps, le temps des semences et de la fonte de neige, lorsque j'ai choisi qu'il serait temps qu'ils puissent exister autrement que sur leur petit bout de papier.

Ainsi, après les avoir bercés une dernière nuit à la lumière de la bougie, près de l'autel tissé pour souligner le renouveau, et du tissage commun de cette nuit de la renaissance dans laquelle nous dormions et rêvions ensemble, je les ai remis à la médecine du feu, à celle des flammes et des cendres, pour une nouvelle naissance, et leur mise au monde.

Je me demandais ce que chacun·e de celleux qui avaient déposé un rêve dans la valise, les nuits précédentes, celle présente ou celles d'après, avait rêvé alors que je prenais soin de ces rêves écoutés, entendus et transmis à ce qui doit, mais qui n'a pas besoin de nom si ce n'est peut-être le mystère.

Je suis toujours fascinée par ce mystère qui peut porter tant de croyances, de vérités, de nuances et de possibilités. Comme un mot dont la définition est infinie, insaisissable et pure à la fois, lorsque l'on se laisse toucher par lui, la magie au cœur.

Et puis, alors que ces rêves œuvraient, que ma valise se remplirait de nouveaux rêves qui ont besoin d'être entendus, j'ai moi-même déployé le mien et, comme par magie mystérieuse, beaucoup de personnes se sont rassemblées autour de celui-ci.

J'ai accueilli des rêves dans des rencontres une à une. Des événements autour du rêve. Les contreparties de ma collecte m'ont permis de recevoir des demandes pour offrir un rêve ou en porter un.
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Et puis, le lendemain de l'achat des billets d'avion pour Madagascar, ma mère, dans une salle d'attente, m'envoyait cette photo de ce livre qu'elle me contait petite. Et moi-même, le surlendemain, dans un endroit où je n'étais jamais allée, au milieu du salon, je trouvais ce tableau avec cette phrase.


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Cela me confirmait que les rêves avaient été bien pris en soin, mais que j'avais aussi réussi à concrétiser le mien, grâce aux rêves !

J'ai été profondément touchée des retours sur ma collecte pour Madagascar : par les dons, mais aussi par chacune des personnes ayant pris le temps de me contacter pour me dire que cela les avait touchées.

Merci de contribuer de près et de me donner accès à la romanisation de mon histoire par vos partages. Chacun des pas de ce rêve sera plus grand grâce à la portée de celui-ci. Merci d'avoir entendu mon rêve et de lui permettre ce déploiement. Parce qu'il semble que lorsque l'on écoute un rêve sincèrement, attentivement, il s'œuvre ensuite un déploiement mystérieux majestueux.

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