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Histoire d'un plant de concombre et de miracle

8/11/2026

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Il y a quelques jours, mon cinq ans a shooté royalement sa balle de soccer dans le plant de concombre du jardin. Il s'est retrouvé complètement déraciné, les racines abîmées, la tige brisée.

Il y a quelques jours, je suis allée chercher parmi mes potions de petite alchimiste notre argent colloïdal fait maison, pour tenter de prendre soin de ce plant de concombre et lui offrir une chance de rejaillir. J'ai donc arrosé ce plant et pris soin de la blessure de la tige, après que Lionel l'a remise en terre.

Je l'ai fait sans vraiment me demander si cela serait possible ou non, si cela marcherait ou pas. Je l'ai fait depuis cet espace en moi qui croit, qui soutient, et qui laisse ensuite la possibilité être.

Ainsi les heures ont coulé, et quand nous sommes rentrés le soir, Lionel a bien ri de l'état du pied de concombre, encore plus à plat que jamais, qui semblait sans espoir. Je me suis mise à rire aussi, non pas du concombre, mais de ma propre naïveté, de cette tentative un peu folle.

On a même ri avec une amie, qui m'a dit que tous les miracles ne se pouvaient pas.

Dans le rire, j'ai tout de même continué de croire, sans vraiment le savoir, sans que ce soit si conscient, mais parce que je n'ai jamais cessé d'arroser le plant. Quelque chose en moi n'a pas lâché.

Et puis, quelques jours plus tard, Lionel est revenu en me demandant si j'avais vu. Si j'avais vu que le plant de concombre s'était relevé. Si j'avais vu, en plus, qu'il avait de nouvelles feuilles. Qu'il était bien vivant, encore.

Sauf que, bien que j'aie peut-être pu soutenir, ce plant s'est relevé seul. Je ne l'ai pas relevé. Je ne suis pas celle qui a fait croître de nouvelles feuilles : ça, c'est lui, seul, qui l'a fait. L'envie de vivre, de continuer à nourrir sa tige, ne m'appartient pas. Je n'en ai pas le mérite.

Et pourtant, je peux y voir des parallèles avec l'accompagnement. Je ne l'ai jamais lâché. J'ai cru, même en riant, même lorsque j'étais seule à y croire. J'ai continué d'arroser. Et j'ai accepté que tout se puisse, que la décision ne m'appartenait pas, mais que je pouvais accompagner, soutenir, en proposant un environnement propice, en offrant des conditions de renaissance.

Et ainsi, cela m'a parlé de ce que font les doulas. Elles permettent aux miracles de rejaillir, même dans des lieux où plus personne ne croit, où tout semble complètement mort. Elles continuent de croire, de tenir des conditions favorables, que ce soit en offrant de l'eau à boire ou en laissant la possibilité à la multiplicité d'avoir lieu, et d'accompagner ce qui est, dans cet acte puissant qui est comme une résistance dans notre Monde.

Et parfois, de façon bien humaine, même si elle se met elle aussi à rire de sa sottise, d'avoir pensé que sa potion aurait pu faire une différence, au même titre que son amour, que son eau, que sa pensée du possible, une étincelle quelque part en elle, continue malgré tout d'y croire, parce qu'elle a déjà été témoin de tant de miracles. Et alors, lorsque ce concombre rejaillit d'entre les plants morts, elle n'a plus le choix que de se souvenir, d'être témoin, de raviser sa posture, et de se rappeler que même si elle avait cru et que cela avait échoué, ce plant aurait quand même reçu de l'amour, et gardé la liberté de sa propre décision.

Et alors que la Terre brûle à bien des endroits, un petit pied de concombre rejaillissait dans un jardin d'un petit village du Bas-Saint-Laurent.
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Ce n'est peut-être pas grand-chose. Ce n'est peut-être qu'un petit pied de concombre. Pourtant, c'est bien du vivant qui reprend vie, un petit peu, quelque part sur la Terre.
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La grâce du Rêve et le Fil d'argent

12/18/2025

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- extrait de mon carnet de voyage -
Ça fait maintenant plusieurs semaines que je n’ai pas écrit.

Depuis ces quatre derniers mois, je n’avais pas été capable d’ouvrir mon carnet de voyage, au point d’en avoir les larmes aux yeux rien qu’en en parlant. Et puis, cela est maintenant chose faite. En écrivant ces lignes, je réalise que c’est en préparant ma valise, en fin de semaine, que je l’ai réouvert. Assise au bout de mon lit, je l’ai ouvert avant de le glisser dans ma valise pour l’emporter et le relire plus tard. Après toute cette aventure de valise à rêves et de valises de voyage, il m’aura fallu une valise, tout près de moi, pour enfin l’ouvrir.

Il y a quelques jours, après ma fête, j’ai donc rouvert mon carnet pour la première fois. J’y ai découvert les fleurs séchées, dont une provenant de la plante de mon arrière-grand-mère. Elles me parlent autant que les mots écrits, autant que les gribouillis dessinés de mon fils, qui me rappellent nos longues heures passées dans le taxi-brousse, à nous faire secouer le popotin et à nous occuper parfois aussi simplement qu’avec un carnet et un stylo.

Et puis, finalement, je l’ouvre vraiment. Ce que je lis me touche. Je navigue avec le recul de mes écrits et de mes ressentis, mais j’ai encore besoin de temps pour me nourrir de ce contenu sans tout consommer immédiatement. Une page à la fois.

Il faut dire que ce mois de novembre a été un mois d’offrande de vos retours de rêves. Vous avez été plusieurs, depuis mon retour, à me partager l’évolution des rêves déposés dans la valise à rêves, puis emportés avec moi jusqu’à Madagascar, sur la colline d’Ambohimanga.

Mais ce mois passé a été un mois bercé de grâce. Un mois qui, si je n’avais pas été convaincue moi-même, aurait pu me convaincre pleinement qu’être entendu dans son rêve, avoir été écouté et prendre soin d’un rêve peut faire toute la différence dans sa mise au monde. Après tout, les naissances, tout comme les morts accompagnées, m’ont enseigné combien l’espace de prise en soin peut transformer la manière dont quelque chose vient au monde.

Ainsi, j’ai croisé cette femme qui souhaitait obtenir son poste… et qui l’a eu.

Ainsi, j’ai croisé cette femme qui se souhaitait sa première exposition d’art. Son rêve avait traversé les miens en détails lors de la grossesse de sa fille accompagnée, et son vernissage a eu lieu. L’empreinte de placenta que j’ai eu la chance de tracer est même exposée, magnifiée par son talent et sa pensée, puisque le thème est le microchimérisme.
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Ainsi, j’ai croisé cette femme qui m’avait écrit un rêve de patin vécu la nuit, une sensation agréable, alors qu’elle avait arrêté la compétition depuis plus de neuf ans. Suite à ce rêve, elle a repris au début de la saison pour refaire un premier concours en novembre, auquel j’ai eu la chance d’assister.

Comme je l’ai accompagnée elle aussi pour sa grossesse, et que j’ai entendu son rêve, j’étais profondément émue, assise sur ce banc, à la voir glisser sur ses patins. Son amoureux la découvrait pour la première fois en patineuse, leur fils sur ses genoux. J’avais des larmes incontrôlables. Des larmes de grâce, de beauté, un élan d’amour. Des larmes comme lorsque l’avion s’est posé au sol à Madagascar. On aurait dit qu’une pompière en moi avait ouvert les vannes. C’était trop beau.
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Le rêve est beau par sa simplicité et par l’autonomie qu’il offre à chacun·e d’œuvrer son espace de conscience et de ressenti. Il est aussi porteur d’un état de magie, comme celui d’un enfant qui n’aurait jamais oublié en grandissant. Il est beau par son intimité et par la mise en lien qui lui permet une expression concrète au Monde.

Dans ces espaces d’Entre-Mondes, le rêve offre une voie de passage. Il permet de se tenir face au mystère et à l’inexplicable, manifestés d’une façon accessible au plus commun des mortels, comme le veut l’expression.

C’est avec ce fil d’argent, de la naissance à la mourance, qu’Isabelle sait si bien nous conter et nous transmettre la richesse de son expérience, qu’elle partage également dans son livre Le fil d’argent, de la naissance à la mourance.

C’est dans cet esprit que j’ai la grande joie de proposer une première retraite, en alliance avec Isabelle Challut du Centre Pleine Lune et Laetitia Toanen de Chemin de Traverses, accompagnée de ses chevaux, en mars 2026, au Bas-Saint-Laurent.
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Pour en savoir plus :
• Événement Facebook
• Informations sur la retraite
Pour vous inscrire :
https://docs.google.com/.../1jdy1tYCuAzwU5Wp8j9CtE5D.../edit

Peut-être avez-vous, ou rêverez-vous, de votre présence dans ce moment merveilleux que nous avons tissé et que nous continuerons de tisser tou·te·s ensemble. Peut-être cette retraite sera-t-elle un cadeau précieux à glisser dans un bas de Noël.

Il n’y a que quelques places sous la yourte, dans ce coin de paisibilité.

Je vous souhaite un joyeux temps des fêtes, je m’en vais veiller un petit être d’amour qui m’a choisi comme doula.
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Quand la mort frappe à la porte

10/8/2025

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Et sans que l’on s’y attende vraiment, un matin, la mort frappe.

Dans une journée chaude d’automne, au ciel bleu faisant rayonner les couleurs des feuilles, le vent comme une dernière caresse, la mort nous visite.

Après 15 ans d’amour, de liens, de vie ensemble, ce petit être vivant à 4 pattes est parti. Nous nous trouvons chanceu·ses·x d’avoir été réuni·es tou·tes ensemble autour d’elle pour l’accompagner dans ce passage des Mondes.

Un matin, alors que nous nous levions pour aller au dentiste d’un rendez-vous qui a attendu des mois, que l’argent devait financer des caries à soigner, la mort frappe, et déplace toute l’énergie avec Elle pour se concentrer dans cet instant suspendu qui restera dans nos cœurs. Où nos caries deviennent dérisoires même si nous avons râlé du temps d’attente, où l’argent vient finalement financer une euthanasie plutôt qu’une carie.

J’ai les souvenirs de ce petit chaton dans ma capuche qui se promenait partout avec moi, handicapée de sa patte. J’ai cru la sauver jusqu’à ce que la vie me fasse comprendre que c’est elle qui m’avait sauvée. Son ronronnement et son miaulement ont su me réconforter dans le non-sens pour retoucher à l’innocence des traversées plus sombre de mon existence.

Ce chat a vu chacun de mes enfants naître et apparaître dans son environnement, leur faisant une place dans son territoire comme dans son cœur, se faisant tirer le poil et la queue par de petites mains, dormir avec chacun·e d’eux·elles et les veiller dans leur sommeil, leur maladie, leurs émotions, leur vivant.

J’ai voyagé les territoires, traversé les océans, habité des lieux multiples avec Elle. J’ai rêvé avec Elle. Elle est assez importante pour être un symbole de mon Monde Onirique. Jusqu’à rêver de ce qui se sait déjà avant même que la mort nous visite vraiment. Avant même que toutes les visions puissent devenir si claires de compréhension, mais qu’une partie de moi sachante y soit déjà préparée.

Aujourd’hui, cinq individus d’une famille traversent ensemble la mort, mais la portent en eux d’une manière différente. Un petit garçon a son corps qui bouge et va devoir nommer ce que son corps bouge de la manière qui sera parlante pour lui. Une ado a le cœur en peine et ses larmes traversent les sphères pour se faire entendre. Un petit dernier de bientôt 5 ans se nomme dans une simplicité presque déconcertante :

— Tu sais, moi je l’aimais beaucoup, j’aurais aimé que la fin se passe autrement et qu’elle rentre avec nous. Je la trouvais cool.

Pour ensuite nous dire :

— Moi, j’aime pas la maison avec vous. Je veux dire vous, juste des humains. J’aime bien quand on a un animal avec nous.

Et alors, j’ai pensé lui montrer les oiseaux dans notre jardin, les araignées dans notre maison, les arbres et les plantes bien vivants de leur végétal.
Même la mouche dans la cuisine, dont j’apprécie le sens de sa présence aujourd’hui, pour lui insuffler que nous ne sommes jamais que des humains et que nous sommes bien entouré·es de multiples existences même si Elle est partie.

Aujourd’hui, j’ai tenu l’espace de la Mort et j’ai eu la sensation de toucher la maturité qui habite mon expérience avec elle. Est-ce cela, la sagesse ?

Aujourd’hui, mon corps intègre l’information de l’inexistence, de ces miaulements, d’une porte à ouvrir, d’une conversation, d’une présence, d’une caresse pour reprendre contact avec ce qui existe nouvellement. L’espace me semble encore vide, je le remplis de musique et je pleure. Je pleure la vision du rêve qui me montre comme sa meilleure amie venue tenir l’espace de sa traversée, je pleure son regard et ses pattes qui m’ont demandé mes bras comme un bébé demande sa mère, je pleure le manque et la tristesse qui vivent. Je pleure ce qui s’enterre avec Elle, de ce cycle de 15 ans, en cet automne et cette Super Pleine Lune, parce qu’il fallait au moins t’honorer de toute cette lumière pour te veiller comme tu as su le faire pour nous de toute la tienne.

Aujourd’hui, la mort est entrée dans notre maisonnée pour repartir par la porte d'en arrière. Et nous avons touché la grâce de t’accompagner. Maintenant, nous devons pleurer les larmes de nos cœurs voguant aux souvenirs qui deviendront la nostalgie d’une vie croisée dans nos vies, le temps d’un temps assez grand pour que nos cœurs aient l’Amour grand.

On t’aime pour toujours notre belle Matriarche.

Pleine Lune 10.2025, quelque part entre Terre et Ère.
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