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La saison passée, je me suis sentie vraiment gâtée de pouvoir proposer des ateliers de création à partir de nos rêves à des enfants entre 4 et 12 ans, avec la ville de Trois Pistoles, accompagnée des petit·e·s assistant·e·s, mes trois enfants.
Je me suis sentie gâtée de pouvoir m'asseoir en petit groupe avec des enfants pour qui le rêve, dans son état le plus essentiel, n'a pas encore été obstrué par ce que l'on voudrait en tirer, analyser, psychologiser. Je me suis sentie gâtée des offrandes de leurs aventures nocturnes, parmi les multiples mondes que leurs rêves habitent, qu'ils soient de grâce ou plus cauchemardesques. Le simple fait de pouvoir s'asseoir, partager et s'entendre conter des rêves est une beauté du vivant en soi, qui fait du bien aux cœurs qui peuvent écouter sans vouloir interpréter. Je pense encore à une enfant qui m'avait dit : « Je ne vois rien. » — Ah, et c'est comment le rien que tu vois ? « C'est comme un trou noir. » Ou à une autre, à qui j'avais demandé quelle image lui venait en fermant les yeux, et qui m'avait répondu, sans hésiter : « Roche papier ciseaux. » De cette façon, à partir de ce qu'iels avaient à dire, de ce qui se présentait, chacun·e a pu mettre au Monde à partir de ses propres Mondes, et le partager avec le Monde. Un être qui faisait des cauchemars récurrents est revenu la semaine d'après en contant qu'il ne l'avait plus fait. Un autre petit être a pu partager que lui ne faisait que des rêves magnifiques, là où beaucoup d'enfants se rappelaient surtout de leurs cauchemars, et il leur partageait la magnificence de ses voyages avec un entrain souriant de l'âme : « Ce requin s'est perdu, finalement il trouve des amis dans la jungle et va rester ici pour vivre heureux. » Chacun·e s'est offert un temps d'écoute, à partir de cet espace que l'on nomme souvent imaginaire, et a même pu mettre en œuvre à partir d'elleux. Ainsi, j'ai vu des enfants et des parents parfois hésiter à créer sans consignes précises indiquant de tirer un trait comme ceci ou de faire une forme comme cela, et j'ai pris le temps de m'asseoir auprès de chacun pour plonger dans leurs propres consignes de création, depuis cet espace possible de vision. J'ai été touché de voir des mères partager des rêves qui ont donné lieu à des câlins avec leur enfant, à se découvrir dans leurs mondes ; une autre a dessiné, depuis un espace émotionnel, un pays qu'elle a quitté de son corps mais pas de son cœur. Quand je lui avais demandé ce qu'elle voyait en fermant les yeux, elle m'avait répondu : « Rien, je vois rien. » — Une couleur, une sensation peut-être ? « Mon pays. Je vois mon pays. » J'ai vu des pères conter des aventures avec leur petit et rire aux éclats. J'ai vu des enfants complices se découvrir au-delà de ce qui paraît, mais dans ce qui les habite. Le tout appuyé par mes enfants, qui ont aidé les autres enfants. J'ai encore dans mon cœur l'image de ma fille qui dessine debout sa propre création, en marchant autour de la table tout en veillant, pour accompagner d'autres enfants qui lui demandaient de l'aide pour leur dessin. Ou encore mon fils, qui se lance en premier pour conter son histoire de rêve et éveiller le groupe à partager. Mon petit dernier, qui installe la grande table à déplier avec ses petits bras, dans un entrain de joie d'accueillir les enfants du groupe. Et peut-être utopiquement, ai-je pensé qu'une petite graine avait été semée. Une graine de souvenir, toujours accessible, qui leur rappellera qu'iels peuvent, à tout moment, retourner plonger dans leur rêve pour créer, pour visiter d'autres mondes. Même plus tard, même si la vie adulte leur fait parfois croire que le rêve n'est qu'un fourre-tout de la journée écoulée, qui ne révèle rien, cette graine, elle, sera peut-être là pour leur rappeler que le rêve est une porte qui permet des accès multiples. Mais surtout, j'ai appris. J'ai appris de chacun·e d'eux, un rêve, une façon de voir, de nouveaux mondes, des aventures multiples, des possibilités et des existences. Alors la saison passée, je n'ai pas pris le temps d'écrire ici, mais j'ai pris le temps d'œuvrer le vivant avec elleux.
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AutriceAccompagnante aux passages de vie passionnée, vous pouvez aussi me suivre sur les réseaux sociaux @Tiffa La Doula. Archives
Août 2026
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